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Le patrimoine de la ville de Tanger

 

Grâce à sa situation géographique stratégique et à son potentiel naturel remarquable, la ville de Tanger jouit d’un patrimoine archéologique et architectural riche et varié qui constitue un héritage civilisationnel inestimable, un témoignage matériel d’une identité culturelle propre basée sur le substrat local et enrichie d’apports méditerranéens et le resulat d’un long processus d’urbanisation qu’a connu la ville à traves son histoire. Ce patrimoine qui représente une partie importante du paysage urbain actuel, se décline en trois grandes entités:

Le patrimoine archéologique

Le patrimoine archéologique répartis dans tout le territoire de Tanger et jalousement enfouis dans son sol, date des différentes civilisations (préhistorique, phénicienne, romaine et maroco-islamique, …) qui se sont succédées sur la ville. Les Grottes préhistoriques et le site romain de Cotta à Achakkar, les nécropoles protohistoriques d’El Mers et d’El Mriés et de Dalia Kbira, les nécropoles romaines de Merchan, le camp militaire romain d’El Benian sur la route de Tétouan, l’ancien arsenal médiéval de Tanger dit « kasba de ghaylan » à Malabata, ne représentent que des témoins d’un trésor beaucoup plus important ensevelis dans les différentes zones de la ville.

La médina

La médina est le premier noyau de la ville de Tanger. Elle constitue un tissu urbain spécifique qui abrite des monuments remarquables datant d’époques historiques multiples allant de l’époque romaine, de la premiére époque islamique avec l’arrivée de la civilisation islamique au Maroc et les dynasties marocaines (idrisside, almoravide, almohade, mérinide et saadienne), de l’époque portugaise, de l’époque anglaise et de la deuxième époque islamique avec la récupération de la ville sous la dynastie alaouide à la fin du XVIIème siècle. Pendant cette dynastie, la médina de Tanger a repris son rôle militaire et diplomatique, a récupéré son activité commerciale en tant que porte de la méditerranée et a connu un développement urbain et un épanouissement social considérables. Au début du XXème siècle, la médina de Tanger a connu des mutations remarquables au niveau social et architectural avec l’établissement du régime international et la ville nouvelle d’aspect européen a fait dès lors son apparition grâce à une expansion urbaine extra-muros déjà initiée dès la fin du XIXème siècle.

Le patrimoine architectural

Le patrimoine architectural contemporain de la ville de Tanger reflète la richesse des formes et des compositions prévalant durant la période s'étendant entre la fin du XIXème et le début du XXème siècles et traduit le caractère cosmopolite de la ville résultat de la coexistence de plusieurs cultures et plusieurs nationalités dans un même espace. Ce patrimoine est le fruit d’une évolution urbaine extra-muros qui a donné naissance à une variété de styles architecturaux de référence occidentale, allant de l’art nouveau, à l’art hispano-mauresque, à l’art-déco et à l’art moderne comme en témoignent encore aujourd’hui certains édifices tels le théâtre Cervantès, les bâtiments Renshhaussen, les bâtiments de la rue d’Italie et du boulevard Pasteur, le bâtiment de la Dette Marocaine, l’hôtel El Menzah, le consulat de France, …etc.

Présent et devenir

De nos jours, cet héritage, mémoire du temps passé et jalons de l'identité locale, est soumis aux risques de disparition et de dévalorisation en raison du rythme accéléré de l’urbanisation et de l’impact du phénomène de la spéculation immobilière et ses spécificités patrimoniales sont menacées de dégradation et/ou de défiguration à cause de deux types de facteurs :

  • Facteurs intrinséques relatifs aux bâtiments et sites eux même qui souffrent de certains aspects de dégradation dus essentiellement au veillissement naturel, au manque d’entretien permanent, à la mauvaise occupation de l’espace et aux actions d’aménagent, de réfection ou de construction arbitraires et non intégrées.
  • Facteurs extrinséques relatifs aux effets néfastes de la pression urbaine que connait la ville de Tanger, à la spéculation immobilière qui s’amplifie de jour en jour et qui cherche la rente dans la valeur du support foncier de la bâtisse et du site, plutôt que dans leur valeur patrimoniale et historique.

Les pertes sont déjà importantes si on compte le nombre de bâtiments ou sites disparus ou défigurés dans les dernières décennies, et les tendances négatives, même si leur intensité a largement diminué de nos jours, sont toujours présentes dans la ville.

Il est donc primordial d’œuvrer tous et en urgence pour la protection et la sauvegarde de ce patrimoine qui constitue la mémoire collective de la ville, fait partie intégrante de la vie moderne et représente un potentiel énorme de développement pour le présent et pour l'avenir. Dans ce sens, des efforts considérables et louables sont déployés par les pouvoirs publiques de la ville en application des instructions royales pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine culturel local à travers trois initiatives majeures :

  • Le classement ou l’inscription des sites et bâtiments d’intérêt historique et/ou architectural sur la liste du patrimoine national afin de leur fournir une base juridique forte et pérenne qui puisse les protéger contre les menaces de démolition et de défiguration . Le nombre de bâtiments et sites classés ou inscrits comme monuments historiques à Tanger a atteint jusqu’à nos jours le nombre de 121 depuis 1934 jusqu’à 2017 (80% de ces bâtiments ont été classés ou inscrits depuis 2004). Le processus de protection se poursuit et d’autres bâtiments de valeur historique et architectural sont en liste.
  • Le programme de réhabilitation et de valorisation de la médina, qui se trouve dans sa phase d’achévement, vise à préserver son patrimoine architectural, à réorganiser ses activités économiques et promouvoir ses activités touristiques. Ce programme concerne le confortement des bâtiments menaçant ruine, la réfection des réseaux d’assainissements, d’eau potable et d’électricité, le réaménagement du tissu urbain intra-muros, l’ordonnancement architectural des artéres pricipales et la restauration des monuments historiques majeurs et leur réhabilitation en équipements culturels et espaces de proximité et d’activités économiques.
  • La restauration et la réhabilitation des monuments historiques phares de la ville en tant qu’équipements culturels. Ces bâtiments, déjà réalisés, en cours de réalisation ou en phase de finalisation, représentent des témoins éloquents de l’histoire glorieuse de Tanger à l’époque internationale comme le théâtre Cervantes, la Villa Harris, la Plaza de Toros, le phare de Cap Spartel, le cinéma Alcazar, le château de Perdicaris,…etc.